L’office dominicale dans l’église Kibamguiste de Bacongo

 

Ce dimanche, après une visite au collectif de photographes « Génération Elili », une petite maraude dans le quartier de Bacongo. Il faut admettre que l’endroit est le plus propice à la pêche aux images, malgré les rues à angle droits,  c’est un vrai quartier populaire. ici on vit, difficilement, mais on vit.

À l’angle d’une rue parallèle, le son du fifre et du tambour, un brin martial attire forcément. C’est un office dans une des nombreuses églises du quartier. On croit au Congo, et surtout à Brazzaville, Catholiques, Protestants, Evangélistes et leurs fameuses « Eglises du Réveil » (à six heures du matin, la sono au volume maximum, vous éveille à la spiritualité avec une force jusqu’ici  insoupçonnée…).

La déontologie veut que l’on respecte un lieux consacré, mais la curiosité est forte, alors on attend, on observe, on s’observe. On invite le photographe « mundélé » (blanc) à entrer, à se présenter, à photographier l’assistance de cet office du dimanche après midi.

On explique ce qu’est l’église de Simon Kibangu, christ noir, guérisseur, qui fut emprisonné   dans les geôles du colon, « les blancs deviendront noirs et les noirs deviendront blancs », prêchait-il, on ne fait pas plus séditieux en ce début de vingtième siècle. Et sa mort en 1959, après trente années en détention,  n’ont fait que faire grandir l’aura du martyr, et son église compte aujourd’hui  des millions de fidèles.